Alors voilà, c'est déjà mon deuxième jour de retour au Vietnam après 3 ultra courtes semaines de vacances à Montréal.
Ce petit retour au bercail, booké sur un coup de tête quand tout semblait aller mal pour moi à Ho Chi Minh Ville, a fini par se prouver essentiel.
Essentiel pour se reposer. Essentiel pour se ressourcer. Essentiel pour se remettre les idées en place. Essentiel pour s'inspirer.
Essentiel pour ne rien regretter.
Après un gros fuck-up de la part de China Airways qui a faillit me couter 4 jours de retard, je me suis retrouvé à Otterburn Park, dans le coin du Mont Saint-Hilaire, dans la nouvelle maison de mes parents. Il faisait à peu près 20c, avec de la pluie et du vent. Moi et mon père on est allés à l'épicerie... Lui en shorts et t-shirt, moi en jeans, hoodie et jacket, complètement gelé.
Le monde me regardait bizarre au petit café du coin.
Après 2 semaines de cavales sur les nombreux sofas de copains, la dernière soirée, assis dans la cour de mes parents sur le bord d'un petit feu avec quelques amis, à boire de la bonne bière et rire, respirer l'air frais et déguster une poutine, je me suis surprit à me demander "mais est-ce que je m'en retourne pour de vrai moi-là? Est-ce que je suis en train de faire le bon choix?".
Je me le suit demandé encore pendant que je disais mes au-revoirs à mes parents à l'aéroport, ma mère avec un petit air penseur et mon père qui essayait de pas avoir les yeux plein d'eau.
Assis dans le taxi Vietnamien s'éloignant de l'aéroport, l'air climatisé dans le tapis pour ignorer la chaleur accablante, j'étais en train de regarder le décor défiler. C'est pauvre. C'est chaotique. C'est poussiéreux. Je suis seul. C'est loin, si loin. Je me suis encore surprit à me demander "Est-ce que j'ai fait le bon choix? Est-ce que j'aurais du rester au Québec?"
Après avoir ramassé les clefs de ma nouvelle chambre et défait mon sac, je suis allé me promener dans mon nouveau quartier où il ne semble pas avoir grand autres "Westerners". Je me suis senti petit dans mes shorts pendant un gros 4 secondes, jusqu'à ce que je donne un sourire à une ptite madame qui me fixait de dessous son chapeau cônique, et qui m'envoya la main avec un gros sourire plein de manque de dents.
"Ouaip" je me suis dit, "T'as fait le bon choix". J'ai marché 10 minutes le temps de me trouver un banh-mi et de bien suer ma vie, et aussi de me faire rentrer dans le dos par un petit garçon en vélo.
J'étais sur le bord de la rue (les trottoirs, c'est pour les parkings et restos) en train de marcher quand une petite madame a reculé sa moto hors d'une petite porte, directement dans la rue. Comme c'est par leur coutume de regarder avant si quelqu'un pourrait s'y trouver, elle s'en allait clairement me rentrer la moto dans les genoux, alors j'ai fait un petit pas vers la gauche pour l'éviter. C'est à ce moment que le garçon m'a percuté, à quand même pas pire vitesse. C'est pas dans leurs habitudes de prédire ce qui va se passer dans la prochaine seconde non plus, alors il n'a surement jamais pensé que j'allais essayer d'éviter la madame et la moto.
Il m'a rentré dedans par derrière, la roue dans la jambe, le guidon dans le dos et le coude gauche, et lui qui a faillit tomber sur la madame. Si j'ai appris quelque chose à propos du Vietnam, c'est que les accidents c'est tellement commun que se fâcher, c'est que pour les cas ultimes. Je me suis retourné pour voir si la petite madame était ok. Elle semblait sermonner le gamin, qui lui de toute manière avait des écouteurs sur les oreilles, donc il ne l'écoutait pas. Il m'a regardé d'un air effrayé, en train de ramasser son vélo.
Je lui ai envoyé la main et donné un sourire malgré ma douleur (mon coude fait mal encore, mais j'ai vu pire dans mes jours de skateboarding) et j'ai continué ma marche. Il est passé à côté de moi après quelques instants et a insisté pour me dire "Sorry sir", très rare au Vietnam. J'ai fait un air approbateur en hochant la tête.
Le soir je suis allé manger avec mon amie Rose, ancienne collègue de travail qui déteste autant que moi cuisiner. C'était délicieux, comme d'habitudes. De petits plats de cuisine Viet du centre du pays. Ensuite on est allés boire une bière sur le bord de la rivière et Rose s'est mit à me raconter plein d'histoires de fantômes, car Septembre, c'est le mois des fantômes au Vietnam!
Les gens brûlent de l'argent et lançent du riz dans la rue pour les "Hungry ghosts", ceux qui meurent sans cérémonie. Si ils deviennent trop affamés ils deviennent méchant.
J'ai plein d'histoires de fantômes que j'ai hâte de vous raconter, mais c'est pas pour maintenant. J'ai demandé à Rose qu'on aille se prendre un café cette semaine et qu'elle me raconte toooooout et me laisse prendre des notes, mais elle m'a dit que je devais la payer. "Don't worry, I offer competitive prices", qu'elle me dit. Je pense que quelques soupers vont faire l 'affaire, j'aurai qu'à l'enregistrer en secret avec mon app de Voice Memos (truc de mon ami Guillaume).
Aujourd'hui c'est le jour d'indépendance du Vietnam. Ça l'air qu'il va y avoir des feux d'artifices au dessus de la rivière, et énormément de traffic. Je sais pas encore si j'y vais, j'hais les foules.
Bon matin!
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Tuesday, 1 September 2015
Sunday, 2 August 2015
Delta du Mékong avec l'école
Des fois tu passes une belle journée et même si t'as pas vraiment grand chose à dire, tu veux partager les photos.
Alors voici mon dimanche! Je ne me tanne pas du Vietnam!
Gros content
Petit coin tranquille dans la Pagoda
Gros tranquille
Petit magasin du temple
Thé au miel dans une ferme d'abeilles
Mon boss. Fuck le soleil.
Dans les vues
Dans la vraie vie
Mes amies Viet capotent sur cette photo-là. Je pense que le linge de fermier Viet c'est l'équivalent en sexyness à la chemise de bûcherons!
Après avoir "pêché" du poisson (on était dans un gros trou rectangulaire plein de boue avec de l'eau jusqu'à la hanche et il fallait les attraper avec nos mains), on se fait laver.
Protagoniste
Les poissons qu'ont a attrapés
Et un spécial
Hmm...
Non, le petit pont en bambou n'était pas au dessus de ça
Tourisss
De retour à la ville. C'est fou le contraste juste de l'autre côté de la rivière
Ouf! Pas facile!
Oui, j'enseigne des ninjas coquins
Sunday, 12 July 2015
Le quotidien d'un ex-pat à Ho Chi Minh.
Boooooon!
Ça fait vraiment longtemps que j’ai écrit en français, je suis en train de l’oublier!
C’est drôle
comme mon sac à dos est ma muse. Aucune inspiration depuis plusieurs semaines,
mais là, vu que je vais prendre l’avion dans 1 mois pour aller visiter famille
et amis au Québec, j’ai l’envie d’écrire!
Mais
Étienne, vous demandez-vous surement, quel est ton quotidien à Ho Chi Minh
city? Comment occupes-tu ton temps?
Et bien,
chère petite voix de subconscient, voici comment ça se passe en ce moment.
Le lundi, je
suis réveillé vers les 6am par la bouchère d’en face qui coupe (varge) sur des
gros morceaux de viande sur sa petite table dehors, et ça résonne partout dans
ma chambre. Je m’obstine tout seul dans mon lit. Ensuite, vers les 7h, le
voisin qui fait des réparations commence à frapper du marteau dans mon mur,
alors je me lève tout croche car je me couche trop tard. Je snooze jusqu’à 7h30
et ensuite me gratte le pays-bas en attendant que mon cerveau embraille.
D’habitude
j’ai très mauvaise humeur, alors j’attends quelques minutes avant de voir de
vraies personnes. Je vais sur Facebook un peu.
Ensuite, je
mets mes shorts et ma camisole, je descends en bas mettre mes sandales et vais
voir mon voisin à gauche. La madame a un petit stand à Banh-Mi très
populaire. J’ai que besoin de lever les sourcils et elle me prépare mon
déjeuner pour emporter, qui me coute 50 cennes.
Sa voisine
veut me vendre un café, qui est délicieux mais me fait digérer beaucoup trop
vite alors j’évite son regard et vais voir mon voisin de droite. Son café est
50 cennes de plus mais je suis capable de le garder en dedans de moi.
Je retourne
dans ma chambre et consomme le tout en révisant mes maigres préparations pour
mon cours à 9h, tout en écoutant de la musique pour me réveiller.
8h30, je
suis habillé, cravaté, souriant. Je sors ma moto, dit salut au garde de
sécurité voisin, et me dirige vers mon centre d’anglais. J’arrête à un petit
magasin de photocopies sur le chemin où j’imprime mes notes et jeux pour la
journée. Duc, le jeune homme, me charge beaucoup moins que sa mère, qui je
soupçonne prend avantage de moi parce que je suis blanc. Duc me charge 500
Dongs la page (2.5 cennes) mais la mère me charge 1000!
J’arrive
dans mon cours du matin et enseigne le ‘’Conversational English’ pour 90
minutes à de jeunes adultes. Généralement il y a un gars pour 5-6 filles. Je
dois continuellement les pousser à parler, les sortir de leur gêne et faire le
clown pour les garder réveillés ou hors de leur cellulaire.
Après ça,
de 10h30 à 5h30 je suis libre. Généralement je vais manger tout de suite après
mon cours, ensuite joue un peu à des jeux d’ordinateur, fait ma routine d’exercices
dans ma chambre (environs 1 heure, pas de ventilateur, la chambre monte à 30-35
degrés C) et prépare mes cours du soir. Ça peut facilement changer : des
fois j’ai des cours de Vietnamien, ou je fais une sieste, ou je dois m’occuper
de trucs comme chercher une prochaine chambre à louer ou préparer mon prochain
visa de travaille.
Le soir, je
fini à 9h, je suis épuisé car 3 heures de clown c’est plus dur qu’on pense. J’arrête
manger quelque part, ensuite je joue à un jeu, regarde un film ou vais
rejoindre mon amie Zin (prononcer Zine) pour un drink, ou vais rencontrer des
filles trouvées sur Tinder. Généralement on jase autour d’un thé ou en
marchant, rien de sérieux. C’est surtout une excuse pour rencontrer des gens, trouver de nouveaux étudiants et
sortir de ma chambre.
Mardi!
Techniquement, journée de congé, mais j’ai un étudiant privé qui vient chez moi
à 10h pour apprendre le Québécois. Oui oui, pas le français, le fleur-de-lys!
Il veut aller étudier à Montréal dans 1-2 ans et veut apprendre notre accent.
Il adore dire ‘’Ouin’’ pi ‘’Tabarnak’’. Il apprend vite.
Ensuite d’habitude
je vais boire un smoothie au coin et parle avec la jeune maman célibataire de 19 ans qui
veut aller étudier aux États-Unis, puis retourne dans ma chambre pour jouer à
un jeu jusqu’au diner.
Après le diner je vais au café du coin, surpeuplé de
Coréens qui étudient le Vietnamien à une université tout proche, pour écrire et
réfléchir.
Ensuite, entrainement en sueur dans ma chambre et je prépare mes
cours pour le lendemain. Des fois j’ai des cours de Viet, ou je vais au cinéma
ou au marché ou fait une très longue sieste.
Pour
Mercredi et Vendredi, répéter Lundi. Pour Jeudi, répéter Mardi. Grosse vie
sale!
Le Samedi,
mon étudiant repasse, ensuite des fois je dois remplacer un prof ou aller en
mini-voyage avec le centre, et si je suis libre je vais enseigner à une famille
pendant 2 heures en fin d'après-midi. Ils sont super gentils et le gars cultive les bonzaïs que j’adore.
Le samedi je me force un peu plus pour sortir habituellement, mais comme j’ai
pas beaucoup d’amis et j’ai peur de tomber sur mon ex qui est complètement
folle, c’est très facile pour moi de rester dans ma chambre.
Le dimanche
habituellement j’ai rien de prévu. Des fois je vais manger avec mes étudiants
ou me promène en moto avec Zin ou vais lire et écrire au café.
En ce
moment, je suis à ledit café. ‘’Stopcafé’’. Je regarde les Coréens entrer et
sortir, au son des klaxons de la rue avoisinante. Un gardien de sécurité corde
les motos des clients. Une grosse averse vient de se terminer, donc c’est un
peu sombre dehors et moins chaud. J’ai fini mon mocha à $1.50 et pense m’en
commander un autre. Il est 1pm et je suis content d’avoir finalement écrit en
français.
En même temps qu'écrire et espionner les belles asiatiques, je suis en
train de planifier mon voyage de 2016 avec un ami.
Demain, je vais au marché
pour acheter des petits souvenirs pour la famille et préparer mon visa après
avoir révisé les verbes avec mon étudiant (Il a choisi Nic comme nom Québécois,
j’espère que vous allez bien l’accueillir).
Allez, on
se voit dans pas long! Soulez-moi pas trop fort s.v.p., j’ai bu 'yink' 3 bières depuis
la Saint-Jean, je suis dédié à avoir un corps sain (et la bière goûte pas très bon icitte).
BYE! M’en
va jouer à Civilization V. Je suis en train de clancher avec Washington.
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Wednesday, 4 March 2015
Un peu d'aventure, enfin
Je suis assis dans ma chambre sans fenêtre dans un petit hotel à Nha Trang, No Use For A Name dans les oreilles. La table est trop petite et croche, ça me fait mal au dos. Il fait chaud, mais tout va bien.
Ma route de Quang Ngai à Quy Nhon a été très satisfaisante. Pas les premières 4 heures, à dépasser des 18 roues avec 6 pouces d'espace entre les roues à ma gauche et la garnotte à ma droite. Pas quand l'autoroute A1 est en construction et c'est plein d'énorme trous que les autobus essayent d'éviter sans crier gare ou que (les trous) massacrent ma belle Lucie. Mais c'est que, à Xa Cat Hanh j'ai décidé de virer vers l'est pour aller explorer un peu, relaxer, voir du pays. C'est vers la côte. J'avais vu qu'une "grande" route était marquée sur Google Maps. Grâce à mon cellulaire et les internets, j'ai pas manqué le virage (une petite route à une voie en ciment).
Dès que j'ai fait ce virage je me suis senti immédiatement récompensé. De toutes petites maisons jonchaient chaque bord de la route. Des fois, des maisons à 3-4 étages qui abritent un petit café ou un karaoké. Des enfants jouent avec rien ou bien se promène en moto sur les genoux du grand-papa, énorme sourire aux lèvres. Les chiens semblent plus heureux ici, aussi.
Je ne sais pas si c'est parce qu'ils ont moins de voyageurs qui passent par là mais personne ne me remarquait et m'envoyait la main. D'habitude je suis "spotté" à 1 mile, avec ma vieille moto et ma carrure d'étranger.
Je regarde l'heure: 2pm. J'ai le temps. Il me reste 100km à franchir et il commence à faire noir vers 6pm. Je ralentis. Subitement, les maisons disparaissent pour des mètres et je suis frappé par la beauté du paysage qu'elles cachaient. À ma gauche, des champs de riz à n'en plus finir. Vert, si vert. Des fois, des sacs de plastiques accrochés après des bouts de bois sont arrangés pour ressembler à des humains. Leurs épouvantails! Couvert d'un chapeau conique, c'est très convainquant.
À ma droite, des champs de riz aussi, mais à environs 1 km des petites montagnes cernent le village. C'est tellement beau! Je ne suis pas capable de m'en empêcher, je débarque et me lance en mode photo. Cette fois-ci, les gens m'envoient la main.
La route devient de plus en plus petite, des fois ce n'est qu'un chemin de sable. De tout petits enfants se promènent. Je roule lentement. J'ai une pensée pour Don Det, mon coin de paradis au Laos.
Arrivé au bout d'un village j'aboutit devant un énorme champ de riz traversé au parfait milieu par une petite route. J'ai l'impression que je suis Moïse séparant l'eau. À ma gauche, des maisons au loin, et après, je m'imagine la mer. L'Océan avec un grand O. À droite, les charmantes petites montagnes. Je crois qu'il y a eu une récolte il n'y a pas si longtemps: au loin, des femmes sont affairées à refaire les terrains en carré pour planter le riz, les chevilles dans la boue. Je m'arrête juste avant les champs, devant la dernière maison, pour apprécier la vue (et prendre des photos). À ma droite, 1 homme est en train de réparer un tracteur sous l'ombre d'une toile en plastique. 2 autres hommes le regardent faire, sans un mot, en buvant du thé.
"Hey! You!"
Je me retourne. Un jeune homme et 4 filles me disent d'approcher à la façon Viet (lève ton bras bien haut comme pour pauser une question à l'école et fait des allos juste avec la main et le poignet, de haut en bas). Je rigole et vais les voir.
Surprise, on ne se comprend pas. Tout le monde rigole nerveusement. Une fille est affairée à faire un nouveau filet, ou un nouveau hamac. On m'offre de l'eau froide. Avec Google Translate sur mon téléphone, ils arrivent à me poser les questions habituelles. Je devrais juste avoir une petite carte à distribuer en Viet, c'est toujours les mêmes, dans le même ordre. I'm from Canada. I am not married. I am 30 years old. Yes, I love Vietnam. No thank you, no alcohol, I have a long way to drive still.
Un des hommes qui ne faisait rien de l'autre côté du chemin se lève lentement, traverse la rue et me pointe. Ensuite, il pointe la fille affairée au filet. Ensuite il me donne un Thumbs Up et un air accomplit. Et voilà, je me suis trouvé une femme! Tout le monde s'esclaffe. Je décline poliment.
Après quelques minutes je continue ma route enchanteresse. Après environs 30 minutes, le paysage change. Ça devient plus rocailleux. Des petites collines et de gros éclats de boulets partout, comme si un géant avait apprit que sa blonde le trompait, et avait frappé à grand coups de poings dans la planète pour se défouler.
Dans la gravelle. Je déteste conduire dans la gravelle. J'arrive devant une autre scène qui me force à descendre et m'arrêter. Jonché sur le flanc de la colline, un cimetière, un gros. Une famille est assise à l'ombre d'une des tombes (on dirait un sarcophage en céramique). Je ne sais pas si ils sont venus prier ou s'occuper des vaches qui broutent partout depuis que les champs de riz sont disparus. On m'invite encore à me joindre à eux. J'oblige.
Les petites madames m'adorent. Tout le monde rit. Les enfants rigolent. Un vieil homme tout bronzé avec quelques dents manquantes me part une jasette semi en Viet, semi en riant, et finalement pointe vers une fille qui à l'air beaucoup trop jeune. "You!" Et encore, thumbs up. Tout le monde se crampe de rire. La fille sourit mais recule. Elle a peur! C'est qui l'étranger qui se magasine une dulcinée dans un cimetière!
Je prends quelques photos et répond à leurs questions (Canada, pas marié, 30 ans) et reprend la route. Route qui maintenant longe l'océan. C'est majestueux. Je suis tellement content d'avoir prit ce détour!
J'arrive à Quy Nhon juste à la tombée de la nuit. Je trouve un petit hotel pas cher, mange une Phö, vais me promener sur le bord de la mer, et reste immobile devant une géante discothèque pendant quelques minutes (J'y vais-tu? Tout seul? Pourquoi pas? Che pas, c'est plate... Bah, tu sais que les Viets vont venir te voir pour jaser! Mais je vais surement finir par dépenser trop d'argent... Et pi je veux juste y aller pour rencontrer des filles et toutes manières c'est même pas un bec sur la joue avant une relation sérieuse... Mais c'est pas en restant dans ta chambre que tu vas en rencontrer! Ah pi merde, je suis pas ici pour rencontrer des filles. Ouin, va donc faire des push ups...) avant de retourner dans ma chambre écouter des films et essayer de mémoriser tout ce que j'ai vu aujourd'hui... Et faire des push ups.
Voici les photos, dites-moi si mes descriptions ont créé la bonne image dans votre imagination!
Ma route de Quang Ngai à Quy Nhon a été très satisfaisante. Pas les premières 4 heures, à dépasser des 18 roues avec 6 pouces d'espace entre les roues à ma gauche et la garnotte à ma droite. Pas quand l'autoroute A1 est en construction et c'est plein d'énorme trous que les autobus essayent d'éviter sans crier gare ou que (les trous) massacrent ma belle Lucie. Mais c'est que, à Xa Cat Hanh j'ai décidé de virer vers l'est pour aller explorer un peu, relaxer, voir du pays. C'est vers la côte. J'avais vu qu'une "grande" route était marquée sur Google Maps. Grâce à mon cellulaire et les internets, j'ai pas manqué le virage (une petite route à une voie en ciment).
Dès que j'ai fait ce virage je me suis senti immédiatement récompensé. De toutes petites maisons jonchaient chaque bord de la route. Des fois, des maisons à 3-4 étages qui abritent un petit café ou un karaoké. Des enfants jouent avec rien ou bien se promène en moto sur les genoux du grand-papa, énorme sourire aux lèvres. Les chiens semblent plus heureux ici, aussi.
Je ne sais pas si c'est parce qu'ils ont moins de voyageurs qui passent par là mais personne ne me remarquait et m'envoyait la main. D'habitude je suis "spotté" à 1 mile, avec ma vieille moto et ma carrure d'étranger.
Je regarde l'heure: 2pm. J'ai le temps. Il me reste 100km à franchir et il commence à faire noir vers 6pm. Je ralentis. Subitement, les maisons disparaissent pour des mètres et je suis frappé par la beauté du paysage qu'elles cachaient. À ma gauche, des champs de riz à n'en plus finir. Vert, si vert. Des fois, des sacs de plastiques accrochés après des bouts de bois sont arrangés pour ressembler à des humains. Leurs épouvantails! Couvert d'un chapeau conique, c'est très convainquant.
À ma droite, des champs de riz aussi, mais à environs 1 km des petites montagnes cernent le village. C'est tellement beau! Je ne suis pas capable de m'en empêcher, je débarque et me lance en mode photo. Cette fois-ci, les gens m'envoient la main.
La route devient de plus en plus petite, des fois ce n'est qu'un chemin de sable. De tout petits enfants se promènent. Je roule lentement. J'ai une pensée pour Don Det, mon coin de paradis au Laos.
Arrivé au bout d'un village j'aboutit devant un énorme champ de riz traversé au parfait milieu par une petite route. J'ai l'impression que je suis Moïse séparant l'eau. À ma gauche, des maisons au loin, et après, je m'imagine la mer. L'Océan avec un grand O. À droite, les charmantes petites montagnes. Je crois qu'il y a eu une récolte il n'y a pas si longtemps: au loin, des femmes sont affairées à refaire les terrains en carré pour planter le riz, les chevilles dans la boue. Je m'arrête juste avant les champs, devant la dernière maison, pour apprécier la vue (et prendre des photos). À ma droite, 1 homme est en train de réparer un tracteur sous l'ombre d'une toile en plastique. 2 autres hommes le regardent faire, sans un mot, en buvant du thé.
"Hey! You!"
Je me retourne. Un jeune homme et 4 filles me disent d'approcher à la façon Viet (lève ton bras bien haut comme pour pauser une question à l'école et fait des allos juste avec la main et le poignet, de haut en bas). Je rigole et vais les voir.
Surprise, on ne se comprend pas. Tout le monde rigole nerveusement. Une fille est affairée à faire un nouveau filet, ou un nouveau hamac. On m'offre de l'eau froide. Avec Google Translate sur mon téléphone, ils arrivent à me poser les questions habituelles. Je devrais juste avoir une petite carte à distribuer en Viet, c'est toujours les mêmes, dans le même ordre. I'm from Canada. I am not married. I am 30 years old. Yes, I love Vietnam. No thank you, no alcohol, I have a long way to drive still.
Un des hommes qui ne faisait rien de l'autre côté du chemin se lève lentement, traverse la rue et me pointe. Ensuite, il pointe la fille affairée au filet. Ensuite il me donne un Thumbs Up et un air accomplit. Et voilà, je me suis trouvé une femme! Tout le monde s'esclaffe. Je décline poliment.
Après quelques minutes je continue ma route enchanteresse. Après environs 30 minutes, le paysage change. Ça devient plus rocailleux. Des petites collines et de gros éclats de boulets partout, comme si un géant avait apprit que sa blonde le trompait, et avait frappé à grand coups de poings dans la planète pour se défouler.
Dans la gravelle. Je déteste conduire dans la gravelle. J'arrive devant une autre scène qui me force à descendre et m'arrêter. Jonché sur le flanc de la colline, un cimetière, un gros. Une famille est assise à l'ombre d'une des tombes (on dirait un sarcophage en céramique). Je ne sais pas si ils sont venus prier ou s'occuper des vaches qui broutent partout depuis que les champs de riz sont disparus. On m'invite encore à me joindre à eux. J'oblige.
Les petites madames m'adorent. Tout le monde rit. Les enfants rigolent. Un vieil homme tout bronzé avec quelques dents manquantes me part une jasette semi en Viet, semi en riant, et finalement pointe vers une fille qui à l'air beaucoup trop jeune. "You!" Et encore, thumbs up. Tout le monde se crampe de rire. La fille sourit mais recule. Elle a peur! C'est qui l'étranger qui se magasine une dulcinée dans un cimetière!
Je prends quelques photos et répond à leurs questions (Canada, pas marié, 30 ans) et reprend la route. Route qui maintenant longe l'océan. C'est majestueux. Je suis tellement content d'avoir prit ce détour!
J'arrive à Quy Nhon juste à la tombée de la nuit. Je trouve un petit hotel pas cher, mange une Phö, vais me promener sur le bord de la mer, et reste immobile devant une géante discothèque pendant quelques minutes (J'y vais-tu? Tout seul? Pourquoi pas? Che pas, c'est plate... Bah, tu sais que les Viets vont venir te voir pour jaser! Mais je vais surement finir par dépenser trop d'argent... Et pi je veux juste y aller pour rencontrer des filles et toutes manières c'est même pas un bec sur la joue avant une relation sérieuse... Mais c'est pas en restant dans ta chambre que tu vas en rencontrer! Ah pi merde, je suis pas ici pour rencontrer des filles. Ouin, va donc faire des push ups...) avant de retourner dans ma chambre écouter des films et essayer de mémoriser tout ce que j'ai vu aujourd'hui... Et faire des push ups.
Voici les photos, dites-moi si mes descriptions ont créé la bonne image dans votre imagination!
(Cliquez pour agrandir l'image)
Première journée, de Da Nang à Quang Ngai en shorts. Pas l'idée du siècle!
Lucie et moi, jour 2!
Mon repas 3 fois par jour quand je suis sur la route.
Chaque ville a sa variation, alors on ne s'en fatigue pas
Enfin hors de l'autoroute A1
Traveller porn
Irrigations?
Pendant ma pause-Phö, le lendemain.
Petit bonhomme n'avait pas d'eau, je lui ai ammené le bol.
Un nouvel ami!
Le jour suivant, entre Quang Ngai et Quy Nhon
Scène classique
Hier j'ai rencontré une jeune Viet qui voulait pratique son anglais.
Aujourd'hui elle m'a amené à son temple.
Petit chien qui se cache du soleil.
Encole plus de cadeaux! Voici mon youtube channel avec quelques vidéos de ma journée: Clique icitte
Y'en a 4, visite mon channel pour voir le reste!
Petit truc, baissez votre son, y'a beaucoup de vent!
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Sunday, 1 March 2015
De Da Nang à Quang Ngai
Ah lala, ce que j'étais rendu comfortable!
1 mois passé à Da Nang dans un petit appart à étudier, manger et boire de la bière, ensuite 3 semaines à voyager avec mon père, à coucher dans de beaux hotels et être gâté...
Ma buddha belly est revenue, pour commencer. Je l'avais perdu après mon petit empoisonement qui m'a fait chier (littéralement) pendant 2 jours de temps, mais ça n'a pas prit de temps que c'est revenu.
J'ai sur-estimé la vitesse à laquelle je me déplace en moto... Aujourd'hui, après près de 2 mois sans faire de moto-marathon, je n'ai parcouru que la moitié de la distance dont je visais. Je la joue "safe". À 2pm, j'étais seulement à la moitié du chemin. J'étais exactement où je pensais être, à cette heure, mais j'étais beaucoup plus brûlé (fatigué, et coup-de-soleillé) que prévu, et donc j'ai décidé de me trouver un petit hotel pas cher et aller relaxer.
Après tout, j'ai pas d'horaire.
Je suis à Quang Ngai en ce moment, une ptite ville sur le bord d'une grosse rivière. En ce moment ladite rivière est couverte de sable, mais j'imagine que pendant la saison des pluies ça doit devenir assez rock n roll. La seule attraction est un musée qui parle d'un massacre qui s'est passé ici, mais c'est Dimanche alors c'est fermé.
Très bien. Je ne peux pas rester au soleil, et y'a rien à voir? Repos dans ma chambre sans remords.
Vers 4pm je suis allé boire un bon petit café et vers 8pm je suis allé à la recherche d'une bonne bouffe. Un de mes trucs préférés au Vietnam c'est que on dirait que chaque ville à sa propre sorte de nouilles, et c'est toujours absolument délicieux. Ici, c'était la Hu Tien, pour 1$.
En revenant je suis allé m'acheter une chemise pour proteger mes bras. Les 3 filles qui travaillaient là étaient absolument ravies de me servir et n'ont pas poussé la vente du tout. Un peu plus loin sur le chemin, des petits enfants me disent Hello. Des petits vieux fixent mes tattoos, un chien mange des restants.
Ce soir, relax, petit work-out et petit film, et de retour sur la route à 9am, juste après l'heure de pointe des motos.
J'estime que ça devrait me prendre 5 heures me rendre à ma prochaine escale. 5 heures de gros camions à dépasser, d'idiots qui roulent en sense inverse à anticiper, de champs de riz à croiser. Je pense aller me perdre pendant 2 heures en m'éloignant de l'autoroute pour aller découvrir la côte un peu... j'ai le temps.
En espérant que je ne brûle pas dans le cou demain!
Pour une raison, mes mains sont immunisées aux coups de soleils. Elle deviennent brune comme du cuir mais jamais rouge. Nice!
1 mois passé à Da Nang dans un petit appart à étudier, manger et boire de la bière, ensuite 3 semaines à voyager avec mon père, à coucher dans de beaux hotels et être gâté...
Ma buddha belly est revenue, pour commencer. Je l'avais perdu après mon petit empoisonement qui m'a fait chier (littéralement) pendant 2 jours de temps, mais ça n'a pas prit de temps que c'est revenu.
J'ai sur-estimé la vitesse à laquelle je me déplace en moto... Aujourd'hui, après près de 2 mois sans faire de moto-marathon, je n'ai parcouru que la moitié de la distance dont je visais. Je la joue "safe". À 2pm, j'étais seulement à la moitié du chemin. J'étais exactement où je pensais être, à cette heure, mais j'étais beaucoup plus brûlé (fatigué, et coup-de-soleillé) que prévu, et donc j'ai décidé de me trouver un petit hotel pas cher et aller relaxer.
Après tout, j'ai pas d'horaire.
Je suis à Quang Ngai en ce moment, une ptite ville sur le bord d'une grosse rivière. En ce moment ladite rivière est couverte de sable, mais j'imagine que pendant la saison des pluies ça doit devenir assez rock n roll. La seule attraction est un musée qui parle d'un massacre qui s'est passé ici, mais c'est Dimanche alors c'est fermé.
Très bien. Je ne peux pas rester au soleil, et y'a rien à voir? Repos dans ma chambre sans remords.
Vers 4pm je suis allé boire un bon petit café et vers 8pm je suis allé à la recherche d'une bonne bouffe. Un de mes trucs préférés au Vietnam c'est que on dirait que chaque ville à sa propre sorte de nouilles, et c'est toujours absolument délicieux. Ici, c'était la Hu Tien, pour 1$.
En revenant je suis allé m'acheter une chemise pour proteger mes bras. Les 3 filles qui travaillaient là étaient absolument ravies de me servir et n'ont pas poussé la vente du tout. Un peu plus loin sur le chemin, des petits enfants me disent Hello. Des petits vieux fixent mes tattoos, un chien mange des restants.
Ce soir, relax, petit work-out et petit film, et de retour sur la route à 9am, juste après l'heure de pointe des motos.
J'estime que ça devrait me prendre 5 heures me rendre à ma prochaine escale. 5 heures de gros camions à dépasser, d'idiots qui roulent en sense inverse à anticiper, de champs de riz à croiser. Je pense aller me perdre pendant 2 heures en m'éloignant de l'autoroute pour aller découvrir la côte un peu... j'ai le temps.
En espérant que je ne brûle pas dans le cou demain!
Pour une raison, mes mains sont immunisées aux coups de soleils. Elle deviennent brune comme du cuir mais jamais rouge. Nice!
Wednesday, 25 February 2015
Danang
Danang, la ville où j'ai passé le plus de temps au Vietnam. C'est au centre du pays, sur le bord de la mer. La ville est divisée en deux. Sur le bord de la mer, ce sont de gros hotels entourés de restaurants pas de murs, il y a juste un toît et plein de petites chaises et tables en plastique. Partout sur le bord du trottoir, de gros bacs plein d'eau pour garder la bouffe de mer fraiche. Des crevettes, des escargots, du poisson.
Ensuite il ya de petits hotels si mince qu'il y a seulement une seule chambre par étage, sur 7 étages. Des fois il n'y a rien autour et on se demande comment ça tient. Ajoutez de petits restos de Pho installés sous une toile orange et quelques palmiers, et vous avez Danang sur le côté de la mer.
Il parait que 5 ans passé, il n'y avait absolument rien, seulement de petites maisons et c'était encore très "old-school". SI vous regardez bien la nuit, vous remarquerez que presque tout les hotels sont complètement vides.
En s'éloignant de la mer on croise une rivière qui sépare la ville en deux. Il y a 5-6 ponts pour traverser, tous uniques. Mon préféré, le Dragon Bridge, est un pont dont la structure est construite comme un dragon jaune qui zig-zag de haut en bas tout le long du pont. C'est super beau! La nuit, il change de couleur, de jaune à vert à bleu, et des lumières blanches descendent du sommet de son dos, comme le reflet d'écailles. Samedi à 9pm, plein de gens se rassemblent pour voir le dragon cracher du feu. C'est plein de familles et de vendeurs de ballons flottants, des copies de Spider-Man, de Gangnam style, de Angry Birds. Le plus drôle, c'est qu'après avoir craché du feu, le dragon crache de l'eau... BEAUCOUP d'eau. C'est hilarant voir tout les gens se sauver comme si Godzilla attaquait, pour pas être mouillés.
De l'autre côté de la rivière, la ville me fait penser un peu à l'Avenue Mont-Royal. Il y a beaucoup d'arbres, plein de petits cafés remplis de petits viets qui jasent et jouent aux cartes. Y'a pas trop de grands buildings, sauf sur le bord de la rivière où il y a quelques hotels de plus et des restos à saveur de voyageur et où on paye 50$ pour un repas au lieu de 2$.
J'aime pas trop mme promener pendant l'heure de pointe (imaginez 5 scooters par auto normalement, c'est tassé, c'est tout croche, ça klaxonne) mais c'est là qu'on voit ma scène préférée: les grands-papas qui ramènent les petits de l'école. Imaginez, sur une petite moto, un Vietnamien agé, la cigarette aux lèvres. Il porte son habit du dimanche. Il s'est surement battu contre les Américains. Assis devant lui sur le banc, les petites mains sur le guidon, le visage insouciant, un enfant de 5 ans te regarde, les yeux tout grands. Woa! Un blanc!
Le soir, les cafés sont remplis d'étudiants au lieu d'hommes retraités. En passant devant les bars on peut les entendre crier MOT HAI BA YO! (1-2-3-GO!), leur version de "Santé", alors qu'ils se donnent en compétition, qui peut boire le plus de bières. C'est pas rare voir 2 gars transporter leur ami complètement torché.
Je vais m'ennuyer de cette ville, où il fait bon vivre et personne ne t'achale pour acheter leur cossins fait en papier.
Ensuite il ya de petits hotels si mince qu'il y a seulement une seule chambre par étage, sur 7 étages. Des fois il n'y a rien autour et on se demande comment ça tient. Ajoutez de petits restos de Pho installés sous une toile orange et quelques palmiers, et vous avez Danang sur le côté de la mer.
Il parait que 5 ans passé, il n'y avait absolument rien, seulement de petites maisons et c'était encore très "old-school". SI vous regardez bien la nuit, vous remarquerez que presque tout les hotels sont complètement vides.
En s'éloignant de la mer on croise une rivière qui sépare la ville en deux. Il y a 5-6 ponts pour traverser, tous uniques. Mon préféré, le Dragon Bridge, est un pont dont la structure est construite comme un dragon jaune qui zig-zag de haut en bas tout le long du pont. C'est super beau! La nuit, il change de couleur, de jaune à vert à bleu, et des lumières blanches descendent du sommet de son dos, comme le reflet d'écailles. Samedi à 9pm, plein de gens se rassemblent pour voir le dragon cracher du feu. C'est plein de familles et de vendeurs de ballons flottants, des copies de Spider-Man, de Gangnam style, de Angry Birds. Le plus drôle, c'est qu'après avoir craché du feu, le dragon crache de l'eau... BEAUCOUP d'eau. C'est hilarant voir tout les gens se sauver comme si Godzilla attaquait, pour pas être mouillés.
De l'autre côté de la rivière, la ville me fait penser un peu à l'Avenue Mont-Royal. Il y a beaucoup d'arbres, plein de petits cafés remplis de petits viets qui jasent et jouent aux cartes. Y'a pas trop de grands buildings, sauf sur le bord de la rivière où il y a quelques hotels de plus et des restos à saveur de voyageur et où on paye 50$ pour un repas au lieu de 2$.
J'aime pas trop mme promener pendant l'heure de pointe (imaginez 5 scooters par auto normalement, c'est tassé, c'est tout croche, ça klaxonne) mais c'est là qu'on voit ma scène préférée: les grands-papas qui ramènent les petits de l'école. Imaginez, sur une petite moto, un Vietnamien agé, la cigarette aux lèvres. Il porte son habit du dimanche. Il s'est surement battu contre les Américains. Assis devant lui sur le banc, les petites mains sur le guidon, le visage insouciant, un enfant de 5 ans te regarde, les yeux tout grands. Woa! Un blanc!
Le soir, les cafés sont remplis d'étudiants au lieu d'hommes retraités. En passant devant les bars on peut les entendre crier MOT HAI BA YO! (1-2-3-GO!), leur version de "Santé", alors qu'ils se donnent en compétition, qui peut boire le plus de bières. C'est pas rare voir 2 gars transporter leur ami complètement torché.
Je vais m'ennuyer de cette ville, où il fait bon vivre et personne ne t'achale pour acheter leur cossins fait en papier.
Tuesday, 24 February 2015
Être loin
Dans 2
jours, ça va faire 6 mois que je suis parti.
Je suis
maintenant parti plus longtemps que la dernière fois. Dans 1 autre mois, j’aurai
accumulé 1 an de présence en sol asiatique.
Mon père
est parti hier, après être passé 3 semaines beaucoup trop courtes avec moi.
Belle surprise à l’aéroport de Da Nang : son vol n’existait pas.
Je dois
avouer que mon voyage commence à faire sentir son poids. Je suis à une
intersection assez intéressante… Entre être un voyageur et un immigrant (mon
sac est trop gros et lourd mais je n’ai pas de maison) et je suis en train de
devenir un vieux grincheux… Je me sens seul mais je n’ai pas la patience pour
commencer de nouvelles amitiés. Presque tout le monde que je rencontre me tape
sur les nerfs après quelques minutes… Suis-je en train de devenir un de ces
misérables anciens punks complètement asociales et détachés de la réalité que
je trouvais si insignifiant jadis?
Le nouvel
an lunaire (nouvel an chinois pour le reste de l’Asie, mais le Vietnam l’appelle
comme ça car ils détestent les chinois) vient de se terminer, et comme à noël
chez nous, tout est fermé, pour plus d’une semaine. En ce moment, je suis en
train de décider si je prends un vol pas si cher d’ici à Saigon où j’irai
travailler, ou si je continue ma route en moto.
Lucy en a
mangé toute une durant ma première escapade, avec la pluie, la pire chose pour
son petit moteur sans protection. J’ai 2 jours à attendre ici, le temps que mon
mécano recommence à travailler. Je suis passé chez lui plus tôt, il était fermé
mais m’a invité à boire du vin fait maison accompagné de fish jerky, aussi fait
maison, super bon, et je ne suis pas tombé aveugle.
Ma petite
Lucy boite, ou plutôt son pneu d’en avant, est un peu croche, alors quand je
vais vite (30-40 km/h, je sais pas, mon truc à mesurer la vitesse est brisé) j’ai
l’impression d’être sur un petit cheval, pas l’idéal pour faire de la longue
distance. Le mecano m’a donné un prix : pour 20$, il me pose de nouvelles
suspensions avant et répare mon pneu. J’achète!
Alors en
attendant je prépare ma descente… Moins évident, je suis passé d’un sac de 12kg
et un sac à dos presque vide à un sac bourré de 16kg, un sac à dos rempli et un
autre petit sac avec pas un mais deux laptops… Ils n’annoncent pas de pluie
pour quelques mois, mais des fois dans les montagnes c’est un autre climat. J’ai
un peu plus à perdre si je ne planifie pas bien, disons.
Ça fait
longtemps que j’ai écrit! J’ai perdu l’envie on dirait. Peut-être parce que j’ai
perdu l’impression que j’écris pour moi et me soucie trop de ce que vous
pensez, vous, mes 6 lecteurs. Ridicule!
En Janvier,
il faisait 15c ici à Da Nang. Je me suis loué un petit appartement à 2 pièces d’où,
tous les soirs de 7pm à 11pm j’entendais le karaoké d’en face. J’avais ma
petite routine : mon banh-mi à 7 :30 AM en me rendant à l’école,
cours toute la journée, le soir je mangeais à un resto choisi au hasard un plat choisi au hasard avant
de retourner à mon petit appart faire des devoirs.
Je connais
un peu plus la culture vietnamienne. Je ne drague plus les filles, ça ne vaut
pas la peine. Ou bien elles ne comprennent rien (normal, je parle pas Viet) ou
bien elles se font supplier pour ne rien donner en retour (‘J’ai quelque chose’
30 minutes après l’heure convenue pour la rencontre est très commun) ou bien c’est
le mariage qui entre en jeu immédiatement (bon moyen de défense contre ces
blancs si achalant).
Ensuite,
tout le monde semble mentir ici. Sans arrêt. À propos de tout. Souvent pour se
rendre intéressant. Si vous demandez des directions à quelqu’un, attendez-vous
à avoir à les redemander dans trois minutes. Ils ne sont pas capable de dire ‘I
don’t know’. Très frustrant pour quelqu’un qui considère être honnête son
principe le plus important.
Un autre
exemple : je cherchais à importer du café, avant d’apprendre que c’est
illégal au Canada car leur procédé n’est pas considéré salubre (une arnaque des
gros vendeurs?). Un homme me dit qu’il a une famille qui fait pousser le
meilleur café du Vietnam (il y aurait au moins 50 sortes de café au pays) et qu’il
va m’y amener. Bien sûr je ne crois pas qu’il ai ‘le meilleur’ mais c’est un
début. Après quelques bières qu’il paye, il accepte de m’amener à la
plantation, pas si loin de la ville dans les montagnes. Il m’amène au marché de
la ville et me suggère d’acheter du insta-coffee… Best in Vietnam! T’avais si
besoin d’attention? J’ai perdu 3 heures de ma vie.
Mais bon,
la vie continue, chaque jour j’apprends quelque chose de nouveau… que ce soit
vrai ou non. J’essaie un nouveau plat chaque semaine, si c’est pas tous les
deux jour. Si tout va bien, la semaine prochaine je suis de retour sur la
route, comme je l’aime, à explorer le reste du pays. Au menu : petites
routes tranquilles au milieu de champs de riz, plages abandonnées, recherche d'emplois et
kite-surfing… C’est le temps de charger la GoPro!
A plus!
En train de planifier mon prochain mois
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Wednesday, 29 October 2014
On termine la Chine en Joual pi on en parle pu
Bon! Je suis déjà tanné de recopier mes textes du mois passé, et je suis passé de 50 lecteurs par textes, a 10.
Fak let's go, on embraye. Récapitulation turbo de la Chine, photos, merci bonsoir.
Aussi, veuillez noter que j'ai finalement réussi à activer les accents sur mon batinse de Kindle Fire.
La Chine, premièrement, c'est gros en sacramant. Gros genre, quand tu regardes ta carte pi tu te dis, "Ah ça l'air nice par là-bas, demain j'me promène là", bin t'es très loin de là réalité. En vrai, tu vas devoir, généralement, prendre un train pendant au moins 10 heures de temps pour te rendre au point B.
Deuxièmement, la Chine, c'est différent de chez nous. "Duh", tu dis. Non, le mince, tu comprends pas. Pour le train par exemple, tout le monde a son billet et sa place désignée. Les gens font quand même une géante pile de monde, un VRAI pâté chinois, quand c'est le temps d'embarquer. Ça donne du coude, ça dépasse, ça pousse, c'est gossant, y'a 18 personnes de trop dans mon espace personnel.
Le monde renifle de la gorge comme si y'avaient les sinus au complet remplis de marde. Ca crache partout, tout le temps.
Nenon, t'as pas compris.
Fak let's go, on embraye. Récapitulation turbo de la Chine, photos, merci bonsoir.
Aussi, veuillez noter que j'ai finalement réussi à activer les accents sur mon batinse de Kindle Fire.
La Chine, premièrement, c'est gros en sacramant. Gros genre, quand tu regardes ta carte pi tu te dis, "Ah ça l'air nice par là-bas, demain j'me promène là", bin t'es très loin de là réalité. En vrai, tu vas devoir, généralement, prendre un train pendant au moins 10 heures de temps pour te rendre au point B.
Deuxièmement, la Chine, c'est différent de chez nous. "Duh", tu dis. Non, le mince, tu comprends pas. Pour le train par exemple, tout le monde a son billet et sa place désignée. Les gens font quand même une géante pile de monde, un VRAI pâté chinois, quand c'est le temps d'embarquer. Ça donne du coude, ça dépasse, ça pousse, c'est gossant, y'a 18 personnes de trop dans mon espace personnel.
Le monde renifle de la gorge comme si y'avaient les sinus au complet remplis de marde. Ca crache partout, tout le temps.
Nenon, t'as pas compris.
Partout.
Tout.
Le.
Temps.
Des fois, ils font le move de se vider la narine en bloquant l'autre avec le pouce. Mais genre, pas sur une colline en hivers entre deux descentes de trois-ski. Plus, à la Grande Muraille de Chine devant une foule, ou avant d'embarquer dans un taxi.
Et pi, quelle meilleure collation à amener en transport en commun que des graines de tournesol. Et pourquoi pas cracher les écailles partout autour de soi??? Fuck tout le monde!!!
Ah, 8 heures dans un autobus. Pas trop long, je vais pouvoir amener mes POISSONS VIVANTS DANS UN GROS SCEAU PLEIN D'EAU, ca dérange pas quand ils gigottent et arrosent le voisin.
Troisièmement, le ciel est gris. Pas gris genre Novembre, y mouille. Gris genre "Hey check, la planète est déjà morte icitte". Gris genre, la p'tite Hua Dié qui travaille dans une auberge a Lijiang dans les montagnes, et qui a grandit proche de Shanghai, fixe le ciel des heures durant, car a Lijiang dans les montagnes, le ciel est bleu et Hua Dié n'est pas habituée.
Quatrièmement, caaaalisse que c'est sale. Pas sale genre Cambodge où y'a pas l'air d'avoir de système de vidanges et t'as des déchets sur le bord de toutes les rues du pays.
Sale genre, les p'tits enfants tout mignons, au lieu d'avoir une couche, ils ont un gros trou dans les pantalons. Quand ils ont envi, n'importe quelle envie, ils la font là, drette là. Un caca dans la rue devant tout le monde pendant que grand-papa fume la pipe.
Sale genre, j'achète des légumes et du riz d'un petit resto. La cuisine est ouverte sur la rue. La bonne femme s'affaire aux légumes, le bonhomme a faire cuire des trucs. "Bon, au moins j'ai juste prit des légumes, le reste de la cuisine est crotté comme un coin d'oeil de matin. Pi j'peux voir l'étagère à légumes derrière elle, ça l'air propre". Juste quand je fini de dire ça à Patrick d'Atlanta, y'a un crisse de gros poisson qui donne son dernier débat, un bon coup de queue qui le fait tomber de l'étagère à légumes, boum à terre. La bonne femme le regarde, fini de couper ses légumes. "C'correct, on mange pas de poisson à soir, Pat". 10 minutes plus tard elle ramasse finalement le poisson plus large qu'un Achigan et le dépece au même spot que les légumes. "Ah, bin, tabarnak".
Le pire c'est qu'on a quand même mangé nos légumes (elle a même pas lavé son couteau) et on a même pas été malades.
Mais hey! La Chine c'est pas que du négatif. Ils sont froids en général, voir, glacial, mais dans les trains et auberges j'ai fait de belles rencontres et je me suis fait gâter de plusieurs repas gratuits et bières froides. Ils construisent de magnifiques temples, cuisinent comme des acharnés et conduisent sans la moindre peur.
Je voulais sortir de ma bulle de confort, la Chine était que trop heureuse de m'aider.
Petite anecdote: en sortant des toilettes de la Forbidden City, les cheveux me piquent et j'ai les mains encore mouillées mais je me gratte quand même la tête. Un gros chinois m'observe.
En ce moment, en Chine, quelqu'un pense que les blancs se sèchent les mains avec leurs cheveux.
De gauche à droite: l'anglais Nilkanth remcontré la veille, un étudiant chinois, un gars vraiment nice, une étudiante chinoise
Il est 6am, on a dormit sur la montagne, je suis lendemain de veille et j'ai rien mangé. Mes jambes tremblaient AVANT d'arriver ici.
Et pi, quelle meilleure collation à amener en transport en commun que des graines de tournesol. Et pourquoi pas cracher les écailles partout autour de soi??? Fuck tout le monde!!!
Ah, 8 heures dans un autobus. Pas trop long, je vais pouvoir amener mes POISSONS VIVANTS DANS UN GROS SCEAU PLEIN D'EAU, ca dérange pas quand ils gigottent et arrosent le voisin.
Troisièmement, le ciel est gris. Pas gris genre Novembre, y mouille. Gris genre "Hey check, la planète est déjà morte icitte". Gris genre, la p'tite Hua Dié qui travaille dans une auberge a Lijiang dans les montagnes, et qui a grandit proche de Shanghai, fixe le ciel des heures durant, car a Lijiang dans les montagnes, le ciel est bleu et Hua Dié n'est pas habituée.
Quatrièmement, caaaalisse que c'est sale. Pas sale genre Cambodge où y'a pas l'air d'avoir de système de vidanges et t'as des déchets sur le bord de toutes les rues du pays.
Sale genre, les p'tits enfants tout mignons, au lieu d'avoir une couche, ils ont un gros trou dans les pantalons. Quand ils ont envi, n'importe quelle envie, ils la font là, drette là. Un caca dans la rue devant tout le monde pendant que grand-papa fume la pipe.
Sale genre, j'achète des légumes et du riz d'un petit resto. La cuisine est ouverte sur la rue. La bonne femme s'affaire aux légumes, le bonhomme a faire cuire des trucs. "Bon, au moins j'ai juste prit des légumes, le reste de la cuisine est crotté comme un coin d'oeil de matin. Pi j'peux voir l'étagère à légumes derrière elle, ça l'air propre". Juste quand je fini de dire ça à Patrick d'Atlanta, y'a un crisse de gros poisson qui donne son dernier débat, un bon coup de queue qui le fait tomber de l'étagère à légumes, boum à terre. La bonne femme le regarde, fini de couper ses légumes. "C'correct, on mange pas de poisson à soir, Pat". 10 minutes plus tard elle ramasse finalement le poisson plus large qu'un Achigan et le dépece au même spot que les légumes. "Ah, bin, tabarnak".
Le pire c'est qu'on a quand même mangé nos légumes (elle a même pas lavé son couteau) et on a même pas été malades.
Mais hey! La Chine c'est pas que du négatif. Ils sont froids en général, voir, glacial, mais dans les trains et auberges j'ai fait de belles rencontres et je me suis fait gâter de plusieurs repas gratuits et bières froides. Ils construisent de magnifiques temples, cuisinent comme des acharnés et conduisent sans la moindre peur.
Je voulais sortir de ma bulle de confort, la Chine était que trop heureuse de m'aider.
Petite anecdote: en sortant des toilettes de la Forbidden City, les cheveux me piquent et j'ai les mains encore mouillées mais je me gratte quand même la tête. Un gros chinois m'observe.
En ce moment, en Chine, quelqu'un pense que les blancs se sèchent les mains avec leurs cheveux.
De gauche à droite: l'anglais Nilkanth remcontré la veille, un étudiant chinois, un gars vraiment nice, une étudiante chinoise
Il est 6am, on a dormit sur la montagne, je suis lendemain de veille et j'ai rien mangé. Mes jambes tremblaient AVANT d'arriver ici.
k BYE
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